Rapport de mission à l’attention du conseil des castes de Nouma
Étaient mobilisés pour la mission :
Pir – Chanteur Delhion / Konwak – Protecteur Woon / Gal’Ek’Es’ – Arcanien Ygwan / Va’N’Tek’ – Mécaniste Ygwan / Aporhétolomnéron – Politicien Mélodien / Mille - Aiguilles – Costumier Feling.

Le conseil des castes de la cité de Nouma a sollicité l’aide de notre équipe afin de traiter une affaire préoccupante. D’après les dires d’une jeune Woon appartenant au clan des Maakombas, une « Boite à esprits » serait apparue dans leur village et aurait des effets néfastes sur les habitants de sa communauté. « Elle les rend fous » a-t-elle déclarée à notre Costumier dont l’affinité avec le Shaan a permis d’apaiser la petite encore en état de choc. En plus de ces mots, des paroles incohérentes s’entremêlaient dans son propos, elle nous parlait d’arbres mouvants, de cauchemars… Ses paroles étaient si décousues que notre Arcaniste émis l’hypothèse que la pauvrette soit elle-même déjà affectée par le mal que répand cette « boîte à esprits ». Au bout de quelques secondes, la jeune Woon, marquée par la fatigue s’assoupit, mais cela ne fut pas la fin de notre conversation. Les talents de Mille-Aiguilles lui permirent de sonder le rêve, par chance pour nous il semblerait que c’est cette mystérieuse boîte qui occupait son inconscient, le feling l’entre-aperçut et distingua une vague tâche rouge sur le mystérieux objet. Malheureusement, les tourments intérieurs de la dormeuse ne lui avaient pas facilité la tache et notre costumier n’obtint pas plus de détails.
Avant de nous mettre en route, nous nous sommes entretenus avec le Maître de la caste des négociants qui nous a sollicité. Il nous informa qu’en plus du clan Woon, les Kaarkanos, une tribu de boréals belliqueux vit non loin et que des heurts éclatent de façon répétées entre les deux communautés. Or l’apparition de cette étrange boite qui « les rend fous » pourrait envenimer un peu plus la situation. Aussi notre commanditaire nous demande avant tout de pacifier la situation entre ces deux villages primitifs, l’étude de la boite n’est pour nous qu’un objectif secondaire.
Disposant de quelques débuts de pistes, notre équipe prit la direction du village des Maakombas et suivit la rivière qui traverse la Foret des songes. Avant de engouffrer dans les profondeur du bois, notre protecteur Woon a tenu à effectuer un rituel destiné à nous préserver des mauvais songes qui rodent dans la zone que nous allions traverser. Je me demande s’il était bien nécessaire que l’on se barbouille de terre... Cela dit les premières heures de marche furent assez calme, le vent bruissait dans la forêt et nous étions guidé par le Feling qui ressentait la présence environnante des troubles à éviter. Mais cette marche devenait de plus en plus pesante, la forêt grouillait de vie autour de nous et émettait de plus en plus de bruits menaçants. La fatigue, la peur puis la panique s’emparèrent de notre groupe... C’est alors que j’eut l’idée de chanter, l’idée peut paraître saugrenue voire futile, mais cela permettait à mon esprit de se concentrer sur des paroles, sur une mélodie, et sur ma voix plutôt que sur les tourments qui me harcelaient.
« La Paranoïa est en toi
Alors que t’abandonne la foi
Tes peurs t’écrasent de tout leur poids
Mais ne succombe pas à l’effroi ! »
Alors que j’entamai mes premières paroles, Pir, le Delhion reprit le chant à son tour et l’agrémenta de sons dont seuls les siens sont capable de produire. Cela signifiait que je n’était pas seul perdu dans mes tourments, que mes équipiers pouvaient m’entendre et avec l’aide de notre chanteur de métier il sera plus aisé de nous extirper de ces pensées tenaces.
« Que se dispersent tes craintes !
Que évanouissement tes songes !
Songes qui t’éreintes !
Que ta quiétude se prolonge !
Que se dispersent tes craintes ! »
A mesure que le chant s’amplifiait, la forêt autour de nous retrouvait quelques couleurs, la flétrissure laissant place à la verdure, et les grincement inquiétant se changeaient en sifflements mélodieux. Les autres membres de notre escouade recouvraient peu à peu leurs esprits, hormis le Woon qui dans un excès de panique avait commencé à s’enfuir.
Une fois tout en ordre nous poursuivîmes notre progression vers le clan des Maakombas, le soleil commençait à décliner dans le ciel mais il ne restait que peu de distance nous séparant de notre destination. A notre arrivée quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous avons trouvé tout le village attablé, festoyant dans la joie. Les tracas de cette communauté semblait bien éloignés et pourtant ils ne pouvaient être plus proche. Notre irruption en plein banquet fut l’occasion pour nous de nous présenter et de présenter les motifs de notre venue. C’est alors que le chef de clan nous informa que le village Woon, haut-perché dans les arbres était sur le point de subir un raid de la part des Kaarkanos.
Il nous fallait agir vite, Gal’Ek’Es, Va’N’Tek et moi mêmes sommes allés inspecter cette boite qui se trouvait dans la tente du chef. Il ne fallut qu’un rapide coup d’œil à notre Arcaniste pour s’apercevoir que cet objet n’était nullement magique comme le prétendait les Woons. Bien au contraire, il s’agissait d’un artefact de haute technologie, notre mécaniste précisa qu’il s’agissait d’une boite noire ayant appartenu à un aérojet quand à moi je parvint à reconnaitre le symbole caractéristique de la Grande Famille Ikanez. Cela signifiait une chose à mes yeux : Les Boréals n’étaient plus notre principal soucis.
A ce moment précis je ne pouvait pas avoir plus tord, car à l’extérieur de la tente, les Kaarkanos étaient passés à l’assaut et nos équipiers étaient en train de tenter de s’organiser tant bien que mal. Nous étions seuls sur la plateforme, et notre mission de pacification tournait au fiasco. Les deux clans se déchiraient et nous étions au milieu de cette pagaille infernale, en proie aux attaques des Boréals. Heureusement nous avons pu sauver l’essentiel, Les Ygwans et Pir ont mis la boite noire en lieu sur alors que de notre coté la situation devenait critique.
Les assaillants nous ont engagés comme si nous étions dans le camp des Woons, et c’est Konwak qui s’est chargé de les repousser avec le plus d’efficacité. N’étant pas très porté sur le combat ni très enclin à prendre parti dans ce conflit, je me suis retrouvé à mordre la poussière. A mon réveil, la plateforme était devenue le lit de mort d’une de l’escouade boréale qui gisait, décimée sur le sol.
Gal’Ek’Es releva un rescapé ennemi que l’on interrogea sur les motifs de cet attaque. Sa réponse m’emplit de stupeur et de chagrin...
« On veut la boite sacrée ! les Woons ne la méritent pas ! »
Alors la boite fut ramenée dans la le village, nous fîmes rassembler tout le monde, Woons, boréals, valides blessés. Notre Mécaniste expliqua en détail le fonctionnement de cet artefact. Expliqua tout d’abord qu’il n’était ni magique ni divin et qu’en l’était cet objet ne servait à rien. Il fallut une dose de pédagogie supplémentaire pour leur faire comprendre que leurs deux tribus venaient de s’affaiblir pour rien. Je passerai sur la réaction spontanée du sorcier du village qui fut de frapper son chef... Car il faut aborder le sujet le plus préoccupant : le fait que cet artefact appartienne à la famille Ikanez et qu’il y avait de forte chance pour qu’elle vienne récupérer son bien.
Ce discours jeta un froid glacial dans l’assemblée et c’était précisément l’effet recherché il y avait eu trop de tumultes et de fracas inutiles aujourd’hui, nous devions agir vite et bien. Notre groupe se mit en recherche de l’aerojet afin de s’assurer que ces peuplades primitives ne s’étaient pas livrées à du pillage sur un appareil des grandes familles. Fort heureusement pour eux, et pour nous, l’aeronef ne semblait pas avoir subi d’actes de vandalisme.
A notre retour chez les Maakombas, nous avons été interrompus dans nos discussions par le bruit assourdissant d’un aéronef imposant une voix dans le haut parleur nous intimant l’ordre de leur restituer le boitier au sol. Sans hésiter je déposait l’artefact source de tous ces problèmes et les soldats l’embarquèrent immédiatement.
La zone a donc été pacifiée, au prix de nombreuse vies de part et d’autre, la famille Ikanez a repris possession de son bien. Cette mission est terminé, mais je ne peux, à titre personnel la considérer comme un franc succès.
Aporhétolomnéron - Politicien Itinérant.


















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